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La presse parle de la chirurgie esthétique en tunisie

TUNISIE : destination santé
LaPresse

La Tunisie connaît depuis quelques années, une affluence particulière delà part d'une nouvelle clientèle touristique, celles qui viennent essentiellement pour les services de santé. Attirant jour après jour un peu plus de touriste, le pays commence à acquérir l'image d'une destination sanitaire particulièrement attractive. Cet état des lieux a généré un ensemble de mesures qui visent toute sa renforcer cette image et à offrir à la Tunisie tous les atouts qui lui permettraient d'être encore plus compétitive.

Les décisions présidentielles datant de septembre 2008 sont la manifestation exemplaire de l’intérêt accordé, à un très haut niveau politique, à ce secteur.
Quelques mois seulement après la mise en place d’un plan d’action spécifique à l’exportation des services de santé, les démarches de concrétisation sont déjà entamées au sein du ministère de la santé publique. Etat d’avancement et actions entreprises tels sont les principaux points exposés par M .Mohamed Ben Laiba, directeur de la santé publique, lors d’une entrevue qu’il a bien voulu nous accorder.
Dans un premier temps, notre interlocuteur a rappelé le contenu de ces mesures et le contexte dans lequel elles ont émergé. Il souligne ainsi que le secteur de la santé a connu ces dernières années une évolution qualitative notable et que des performances y ont été réalisées. Il cite à ce propos, l’accès du Tunisien au service de santé sur tout le territoire : « 95% des Tunisiens ont accès aux services de santé dans un rayon de 5 Km ; la qualité des soins s’est nettement améliorée, ainsi que la formation médicale et paramédicale, le plateau technique s’est doté des équipements technologiques modernes et sophistiqués aussi bien pour le diagnostic que pour le traitement ».
Il précise par ailleurs, que la Tunisie a mis en place une formation médicale et paramédicale de qualité au niveau des quatre facultés de médecine et des écoles de formation paramédicale.
Des indicateurs tels que l’espérance de vie (74 ans) et la mortalité infantile (18/1000) témoignent en faveur du haut niveau atteint par le secteur.

M.Ben Laiba souligne à ce propos que ce secteur bénéficie d’un intérêt majeur et d’un soutien continu de la plus haute autorité, vu l’imbrication qui existe entre ce secteur et l’Homme, capital majeur pour notre pays.
Tous ces facteurs et cet intérêt palpable ont fait que la Tunisie devient une destination médicale privilégiée pour les patients étrangers, ajoute-t-il encore, rappelant que le nombre de ces visiteurs est passé de 43.000 en 2003 à 120.000 en 2008.
Si la majorité de ces patients nous viennent des pays limitrophes, à savoir l’Algérie et la Libye, 15 d’entre eux sont originaires des pays d’Europe. Ils viennent surtout pour certaines spécialités, à l’instar de la chirurgie esthétique, la chirurgie orthopédique, l’ophtalmologie, la chirurgie cardiovasculaire et pour les différents centres de thalassothérapie. Ces derniers ont pu attirer 150 000visiteurs.
Selon M. Ben laiba, l’attrait de la destination Tunisie est largement favorisé par d’autres facteurs, notamment un secteur touristique en pleine expansion et compétitif, une sécurité et une paix sociale exemplaires.

Des mesures ambitieuses et avant-gardistes

Concernant les mesures présidentielles prises dans ce sens, le directeur général de la santé publique note qu’elles ont pour objectif d’encourager les investissements autant tunisiens
Qu’étrangers dans le secteur.
Ces mesures intègrent , entre autres, l’élaboration d’un plan pour la création d’une cité médicale ou de zones sanitaires qui accueilleront des projets sanitaires destinés à l’exportation, le but étant d’encourager le séjour de personnes âgées pour de longues périodes dans des centres touristiques sous forme de villages de santé touristiques .
La promotion de l’activité de l’exportation des médicaments génériques et des phytomédicaments est un autre point de stratégie nationale de promotion de l’exportation des services de santé.
Pour être compétitif, nos établissements sanitaires, ainsi que notre personnel doivent être accrédités, ajoute encore M Ben laiba. D’où la création d’un organisme public indépendant qui a pour mission d’évaluer la conformité aux normes et d’octroyer les attestations d’accréditation et de certification. Et pour réussir toutes ces actions, il a également été décidé d’actualiser la législation relative à l’exportation des services de santé.
Pour ce qui est de la formation médicale et paramédicale, il précise qu’il est question de renforcer la formation du corps médical et cite la mise en place d’une formation spécialisée en gériatrie au sein de la Faculté de médecine de Tunis et la mise à niveau de la formation des paramédicaux et des techniciens qui vont exercer dans la thalassothérapie.

L’état d’avancement

Quelques mois seulement après l’annonce des mesures présidentielles, des démarches de concrétisation ont été entamées au sein du ministère de la santé publique et ses différentes structures. Notre interlocuteur cite à ce propos les réunions organisées au sein du ministère et qui ont rassemblé tous les intervenants en la matière.
Pour ce qui est des mesures effectivement entamées, il cite l’élaboration d’un projet de loi relatif à l’accréditation des structures sanitaires comme préalable à la création d’une agence nationale d’accréditation à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays et, notamment, la haute autorité de santé en France.
L’élaboration d’un projet de texte relatif à la création d’une agence de promotion des investissements et de l’exportation dans le domaine de la santé et la réalisation en collaboration avec la FIFA (agence de promotion des investissements étrangers) des termes de références d’une étude stratégique sur la promotion des services de santé ont également été entamées
Par ailleurs, on apprend que le ministère est actuellement en train d’élaborer des projets de texte réglementaires relatifs à la bio équivalence et aux tests cliniques.

Afin de sensibiliser les professionnels quant à l’importance de cette stratégie, de nombreuses réunions ont été organisées avec les professionnels (les conseils de l’ordre, les syndicats des professionnels), les structures sanitaires privées et leurs représentants, les agences de voyage opérant dans le tourisme médical, les centres de thalassothérapie et les centres de traitement par les eaux thermales.
Durant cette période, la présence tunisienne dans des manifestations spécialisées régionales et internationales a été encouragée, option qui permettrait de faire connaître le produit tunisien et de faire valoir le potentiel national pour accueillir les patients étrangers.
D’un autre coté, les réunions organisées par le ministère de la Santé publique ont été une occasion pour se pencher sur les détails même les plus minimes. A ce propos, le ministère
A donné toute l’importance au fait que le patient qui aura choisi la Tunisie soit sécurisé sur tous les points (respect de l’éthique, de la déontologie médicale…) et un début de collaboration relatif au partenariat entre les organismes de sécurité sociale étrangers et ceux tunisiens a été entamé.
Ainsi conclut M. Ben Laiba, « le ministère qui pilote ce projet d’envergure, décidé par le Président Ben Ali, a mis tous les atouts nécessaires de son coté en impliquant tous les intervenants du secteur afin de garantir la réussite de cette action exceptionnelle pour l’avenir du secteur de la santé.
Cette volonté politique avant-gardiste se concrétise sur le terrain par toutes les réalisations accomplies par le ministère de la santé publique sur les plans législatif, organisationnel, de la communication, de l’information et de la sensibilisation. Les efforts déployés par le ministère et par tous les intervenants permettront, sans aucun doute, d’atteindre nos objectifs selon une stratégie planifiée, ciblée dans les détails que nous sommes assignés ».

Elle parle de chirurgie esthetique en tunisie!

Elle parle de chirurgie esthetique tunisie

Il y a le sable, le soleil et un chirurgien; pour de plus de Françaises, chirurgien esthétique rime maintenant avec Tunisie : un voyage d’où l’on rapporte en souvenir un nez droit, un décolleté opulent ou un ventre plat. Reportage

«alla, elle est belle, la gazelle…C’est ta fille ? Je t’en donne trois chameaux ! » . « Que veux-tu qe je fasse de tes chameaux ! Laisse tomber, va ! » Dans es petites rues survoltées de la médina de Tunis, slalomant entre les vendeurs de djellabas, Olga s’accroche au bras d’Anais. Elle se marre en voyant son relief dans une vitrine : « Avec mon voile, ils vont me prendre pour une islamiste ! « Si Olga 62 ,ans, orte un foulard sur la tête de’ grosses lunettes de soleil et des vêtement amples, ce n’est pas seulement pour se protégerdes trois gouttes de pluie qui tombent sur Tunis en ce mois d’avril Il y a quelques jours , elle a subi un lifting, une liposuccion des cuisses et une abdominoplastie. De gos bleus sous le menton et tout autour des yeux, elle trottine pourtant vaillamment. A ses côtés, Anais a oins de difficultés : cette grande et mince de 24 ans déambule dans le souk droite comme un « i », sanglée das son soutien-gorge de maintien. Ravie de ses prothèses mammaires flambant neuves, enchantée par son séjour à 2 500 € tout compris (« alors qu’on France, sans les consultations pré et post-opératoire, ni le soutien-gorge, qui coûte quand même 90 € »), elle profite de sa dernière journée à Tunis. « Oui, c’est vrais qu’elle est belle, dit Olga en rembarrant un vendeur gentiment draguer. Mais fous-lui la paix ! »
Il y a deux jours, ces deux-la ne se connaissaient pas. Venues de France chacune de son coté, elles se sont rencontrées à lR7;hôtel, en sortant de la clinique. Ce soir, Anais repart pour sa Bretagne natale avec son nouveau décolleté, tandis qu’Olga, tonitruante retraitée Lyonnaise, dînera avec les filles fraîchement opérées. Cette blonde platie très coquette aura passé dix jours à Tunis et déboursé en tout 5 500 €. « Je voulais faire aussi le dessous des bras, mais ils m’ont dit halte-la ! C’était trop d’un coup. Et comme je reviens en septembre pour me faire remontr les seins, ils m’ont promis qu’ils me feraient les bras gratis ! Après, j’arrête. Je serai au top. Pas la pine d’en faire trop ! »
Le « trop » est, ici plus qu’ailleurs, une notion relative. Car, depuis un an, le tourisme esthétique explose : de plus en plus nombreuses, les Françaises viennent se faire arranger leurs petits et grands complexes. Avant, ce drôle de voyage était considéré comme trop risqué, trp compliqué. C’est une émission de télé surTF1 qui a lancé la vogue : profitant de cette publicité tombée à pic, alors que le tourisme classique était au creux de la vague et que les quelques cliniques privées modernes du pays étaient en quête de clients étrangers,des agences futées mais pas toutes fiables se sont spécialis&eacue;es dans ce créneau porteur. Depuis, c’est le rush ; Une mode singulière, surfant sur la banalisation de la chirurgie esthétique, qui consiste à dire à ses amis que l’on part en vacances au soleil et à revenir avec le visage/b> plus lisse, les seins plus hautes, le nez plus droit.

C’est le bouche-à-oreille qui a amené Olga à Tuns. Mais pour la plupart de ces nouveaux clients, tout se passe sur Internet. « J’ai consulté trois chirurgiens en France avant de partir, explique Caroline, 30 ans, superbe sosie de Monica Bellucci à la poitrine avantageuse. Mais je n’ai pas eu un bon contact. Je voulais un « liftingnbsp;» des seins et une augmentation mammaire. J’ai attendu six mois un rendez-vous avec un ponte, pour qu’il me dise : « Ce que vous voulez n’est pas possible ». Grâce à l’Internet, en un mois, c’était fai. Et le résultat est plutôt super, non ? » Très beaux seins, en effet. Mais qui n’expliquent pas comment, seule devant un écran d’ordinateur, on accorde à un incnnu au point de lui confier son corps pour une opération médical nécessitant une anesthésie générale ! « On est beaucoup moins seule que face à un chirurgen débordé qu’on ne voit qu’une fois un quart d’heure avant l’opération, proteste caroline ; on put prendre son temps, poser toutes les questions possibles et inimaginables par mail ou par téléphone, et on a des réponses gentilles, attentives. On se sent très entourées, Plus qu’en France. »

Toutes les agences fonctionnent peu ou prou de la même manière : on envoie sa demande avec des photos et un mini-dossir médical. A Tunis, le chirurgien examine la faisabilité de l’opération et propose un devis. Une fois d’accord sur ls dates, roulez jeunesse ! « Les gens arrivent avec un bilan sanguin complet et nous faisons des examens complémentaires en cas de doute », assure le directeur d’une agence. « Onne prend aucun risque à être sélectif. En repérant,par exemple, les clients qui viennent parce qu’on a refusé ailleur de les opérer pour des raisons de santé…On ne demande pas d’acompte pour qu’ils puissent changer d’avis jusqu’au dernier moment, mais aussi parce que cela nous laisse la possibilitéde refuser un acte si besoin »
Une clinique tout confort dans la banlieue nord de Tunis.

Débout depuis 4 heures du matin, deux Irlandaiss, la mère et sa fille, arrivent de l’aéroport pour voir le <>chirurgien. « Je lui offre des seins, c’est mon cadeau pour ses18 ans. Son frère a eu une voiture », explique la mèr, institutrice, qui profite du voyage pour subir une liposuccion. Elleest très angoissée. Peur de l’opération, peurde la cicatrice, peur de tout. Pour ne rien arranger, elle ne parle pasun mot de français, n’avait jamais pris l’avion, jamais misles pieds dans un pays du Sud. Paumée et méfiante. Le chiurgien la rassure. Ensemble, ils se mettent d’accord sur la forme de la futue cicatrice, tâtent les prothèses et en choisissent la taille. Et signent ensemble l’accord de « consentement éclairé mutuel », une décharge juridique indispensable avant toute opération, Le soir, la mère t la fille dormiront dans la même chambre à la clinique et seront opérées le lendemain matin.

Justement, voila qui leur met du baume au cœur&nbp;: dans les chambres qui donnent sur un petit couloir, c’est la bonne ambiance. Les Françaises se retrouvent, sœurs de circonstance, apportent leur plateau-repas pour papoter, se montrent leurs cicatrices, &ecute;voquant sans fard leurs complexes.

La crainte des suites opératoires ne semble pas au programme. Pourtat, une fois à la maison, on se retrouve seule avec ses pansements. Quan tout va bien, pas de problèmes. Mais sinon ? « On gère les petites complications - inflammation de la cicatrice, œdème, hématome, douleures-_par téléphone, parfois avec le médecin traitant habituel », explique tranquillement le directeur de la cliniqe. Avec les médecins français, c’est la grande débrouille, avant ou après l’opération. Quitte parfois à tricher avec le système. Anne- Marie, la quarantaine sportive, mère de quatre enfants, vient de se faire poser des prohèses mammaires. En cas de problème, elle sait pouvoir compter sur son généraliste. Et pour cause : non seulement il est au courant, mais il lui a prescrit en plus le bilan sanguin (pour qu’ell se fasse rembourser) et quinze jours d’arrêt de travail ! La Sécurité sociale française appréciera.
Dans les rares cas où une seconde opératon est nécessaire, les agences promettent que tout sera gratuit, sauf le billet d’avion. Voila qui compte : l’argent, c’est la motivation principale. A part l’avion (environ 350 €) les packaes malins sont généralement « tout compris » : opération, frais de clinique, anesthésie, médicaments, soins infirmiers, nuits dans un hôtel « 4 ou 5 étoiles », nourriture, transferts, massages relaxantes et, si on le souhaite, visite de Sidi-Bou-said…A 2500 € tout compris pour la pose d prothèses mammaires (entre 4000 et 8000 € en France pour la seule op&eacte;ration), 2700 € pour un lifting du bas du visage et 1700€ pour unnez refait, c’est parfois jusqu’à 40 % moins cher que ans l’Hexagone. Pourquoi ? Parce que les chirurgiens gagnent moins sur une opération et que les frais de clinique snt moins élèves, comme les salaires des infirmières, par exemple (le SMIC est à 150 €). Sans oublier un taux de change ui est favorable à l’euro… « Bien sur, j’aurais préfère rester en France avec ma famille, avoue Magali, 33 ans, femme sans emploi d’un chauffeur de taxi, opérée la veille pour une abdominoplatie. Arrivée en Tunisie avec angoisse monstre, terrorisée à l’idée d’avoir affaire à des inconnus, ele a vomi tripes et boyaux jusqu’à son entrée dans le bloc opératoire. « A Paris, c’était beaucoup trop cher, je n’aurais jamais pu me le permettre ! Maintenant, j#8217;essaie de voir les bons côtés de la situation : j’ai cinq enfants, là-bas, je serais rentrée à la maison avec ma cicatrice et ma fatigue… ici, je vais rester une semaine pour me repoer dans un hôtel. Finalement, c’est peut-être mieux. »
Si leur nombre est difficile à évaluer avec précision (environ 500 actes depuis un an, pour 300 000 en France) les exemples e manquent pas. Il y a Marianne, venue pour une « lipo » et «les paupi&egrav;res », tandis que son mari et ses enfants visitent la ville. Jacques, un gaillard père de trois enfants, qui a fait le voyage pour subir une abdominoplastie. Ce couple d’homos de Toulouse, dont l’un s’est offert les poches sous les yeux et un liposuccion. Marie-Annick, 60 ans, qui a fait une crise d’angoisse une fois seule à l’hôtel après son lifting et qui a terminé son séjour chez l’habitant. Sandrine, venue pour une « lipo » et les seins qui « s’est laissé tenter » par la réparation de la myopie au laser et qui, du coup, est passée chez le coiffeur avant de rentrer chez elle, toute neuve.
Botox (150 € l’injection, suvent 50% moins cher qu’en France), blanchiment des dents, &eacut;pilation définitive au laser… l’offre n’en finit plus de s’étendre. Jusqu’où ? « Tout le mnde se rue sur le marché de l’esthétique, charlatans compris, explique-t-on dans une agence. Mais ceux qui pensent que cela va être un marché de masse se trompent. On ne vend pas un &lquo; nez » comme un trekking dans le désert ou une thalasso ! » Certains emploient des méthodes marketing agressives et sans scrupuls qui brouillent les pistes. Car, ici comme en France, les mauvais chirurgens, les pas doués et les escrocs, existent. Comme celui qui s’imprvise depuis quelques mois agent touristique, prétendant pouvoir tout organiser de A à Z ! « Ce n’est pas sérieux : chacun son boulot, dit le directeur d’une cliniue. Pour que ça marche, il faut réunir trois conditions : une bonne clinique, un bon chirurgien, une bonne agence de touisme médical ». Parfois, les promesses alléchants ont volontairement ambiguës : pour gagner la confiance des clients, certains sites laissent entendre qu’ils seront opérer par un chirurgien français. Impossible : il faut être inscrit au conseil de l’ordre, et on ne peut pas l’être dans deux pas à la fois ! Déjà, des médecins tunisien ont été sanctionnés par leur conseil de l’ordre u mis à l’amende pour cause de publicité illégale. Comment s’y retrouver ? Pour les clients potentiels, le choix est particulièrement délicat. Sur Internet, certains forums bruisent des mille et une rumeurs, pas toujours fondées …Reste à parler sur la fermeté des autorités tunisiennes, quiont tout intérêt à contrôler ce marché au potentiel miraculeux, et sur le bouche-à-oreille : petit &agrav; petit, l’eldorado du bistouri se régularisera peut-être e lui-même.
Dîer dans un des hôtels tout confort où viennent se reposer les opérées après la clinique. La tablée est joyeus. En guise d’apéritif, on croque du Di-antavic (un antidouleur) et un antibiotique pour éviter les infections. Les filles aux seins tout neufs parlent lingerie, du dernier catalogue d Victoria’s Secret. Toute de noir vêtue, Oga a désobéi en retirant sa gaine (obligatoire après une « lipo » pendant u mois jour et nuit) : « J’avais envie de me faire belle ! » Isabelle est gênée. Cette grande blode de 50 ans, assistante de direction dans un grand groupe français, qu l’on imagine impeccable en toutes circonstances, a un gros plâtre sur le nz et du sang qui coule un peu de ses narines. « T’inquiète pas, lui dit Anne-Marie. Tu ne connais personnes ici, et on a toutes quelque chose : pendant que tu saigne, o se remonte nos prothèses ! » Elles se marent à l’avance en imaginant leur visite au souk le lendemain (« la balade des éclopées »).Comme dans n’importe quel diner de fille, la discussion part sur la routine, poion du couple, la libido des hommes vieillissants, l’attrait pour les hommes plus jeunes que soi…Partageant sans chichis leurs petits bobos et leus bleus à l’âme, trop heureuses d’être ensemble alors qu’elles s’attendaient à crever de solitude, ces filles sans autre point commun que la chirurgie esthétique parlent le même langage. A la fin du dîner, quant on lui rappele qu’elle doit régler son voyage. Olga lance : « Quoi, avec tout ce qu’ils m’ont fait, il faut en plus que je paie ! » Hilare, le petit groue se gondole. Les unes se tiennes le nez, les autres les sein : rire tire fort sur les cicatrices.

Le Nouvel Observateur du jeudi 5 mai 2005

"Tu m'as faite mieux que ma mère!"

Mon lifting au soleil

chirurgie esthetique en tunisie sur le nouvel observateur

Liposuccion, lifting, implants capillaires... De 30 à 50% moins cher qu'en France, billet d'avion et séjour en hôtel de luxe compris! En quelques mois, la Tunisie est devenue le nouvel eldorado de la chirurgie esthétique. Reportage de notre envoyée spéciale en Tunisie

Elle s'était fait tout un film de l'arrivée à Tunis. "Finalement, on se croirait à Carrefour." Patricia traîne sa valise dans les pots d'échappement du parking de l'aéroport. On lui avait vendu un chauffeur à la descente de l'avion, mais bon… C'est une bonne pâte Patricia, ça se voit rien qu'à son sourire et à son regard tendre perdu sous les mèches blondes. Elle se tourne vers sa fille, une costaude à lunettes qui s'essouffle derrière: "C'est le début de l'aventure! De toute façon, ça ne peut pas être pire, hein?" La mère montre du doigt les ombres grisâtres autour des yeux et ces sillons creusés le long des lèvres. Le cou fripé, les kilos en trop. Les marques inéluctables d'un demi-siècle de vie: les enfants, le bar-tabac à plein temps, le mari malade… Elle qui n'a jamais quitté la France est venue en Tunisie s'offrir "une nouvelle jeunesse". Elle le confesse d'un rire maladroit, comme si elle n'y croyait pas, comme si elle avait un peu honte. Pour une fois, un petit coup de folie. "Allez, la chirurgie esthétique à ce prix-là, faut pas hésiter."

Liposuccion, lifting, augmentation mammaire, abdominoplastie, implants capillaires, la Tunisie casse les prix. Tout de 30 à 50% moins cher qu'en France, avec séjour en hôtel de luxe. All inclusive! A ce prix-là, on vient seule, entre copines, en famille. Les enfants jouent dans la piscine, papa s'offre un ventre plat, maman de nouveaux lolos. "C'est tout simplement le tsunami", s'emballe l'un des pionniers de ce tout nouveau tourisme, Amor Dehissy, directeur d'Estetika Tour. Un grand nom pour une toute petite agence créée il y a un an, chez lui, avec sa femme. Au départ, ils avaient un client par semaine, aujourd'hui, deux ou trois par jour. "Notre site explose, on a 500 personnes sur liste d'attente." L'ancien élève de l'école de commerce de Toulouse n'a rien inventé- la formule existe depuis longtemps en Afrique du Sud, mais il fallait oser. Le premier chirurgien qu'il a contacté n'y croyait pas. "Imaginer des Françaises venir ici confier leurs corps à des Arabes…" Elles foncent pourtant, sans hésitation, après avoir vu sur TF1 ou dans "Réponses à tout" un reportage sur la chirurgie à prix discount. S'il y avait des risques, ça se saurait et puis les ratages existent même en France…

Tout se passe via internet, questionnaire rapide: "Avez-vous eu des problèmes de santé?" "Etes-vous dépressive?" On envoie les photos des visages, des seins et des cuisses à redessiner… Diagnostic quasi immédiat, liste des examens médicaux à faire, quelques échanges par téléphone ou par mail et les voilà dans l'avion. A les entendre, en apparence si confiantes, on dirait qu'elles partent en thalasso. "Moi, ça m'a pris dix jours en tout", mitraille Nadia, serveuse en banlieue parisienne. Comme beaucoup, elle voulait "faire vite, surtout ne pas trop réfléchir"... Avec les Tunisiens, au moins c'est simple, pas de "prise de tête", ni de médecins tatillons qui palpent vos motivations. La trentaine, infirmière, Marie a consulté à l'hôpital de Nice il y a deux ans pour une nouvelle poitrine. On ne l'a jamais rappelée. "Au moins ici, on n'est pas traitée comme un numéro." On vous appelle par votre prénom, il y a le jasmin d'arrivée, le personnel aux petits soins, la promesse d'une convalescence à l'ombre d'un café de Sidi Bou-Saïd. Et puis ici, souvent, on ne compte pas. "Tant qu'à subir une anesthésie générale, réfléchissez, proposent certains voyagistes, une seconde opération est envisa-geable dans la foulée." De nouveaux seins pour 1 000 euros de plus… Nadia, à l'origine inscrite pour une lipo des cuisses, a cassé la tirelire. Patricia, la Lyonnaise qui n'avait jamais pris l'avion, a aussi craqué. Lifting du visage, des seins, deux jours de clinique, huit jours d'hôtel pour elle et sa fille: 5 100 euros! Elle ignore combien elle aurait payé en France, elle sait juste que ce n'est "pas cher".

"Carrément concurrentiel", selon Roland, petit bonhomme au look de comptable rencontré dans un de ces palaces de béton où les voyagistes logent leurs patients. 75 ans, une retraite confortable à Montpellier. Lui n'est pas accro à la chirurgie, contrairement à sa femme, Denyse, jean moulant et tignasse caramel, qui déambule sur de petits talons orange. Elle est "ravie". A Montpellier, les copines alignent 4 500 euros pour un simple lifting. Ici, pour le même prix, elle a eu le lifting total avec injection de graisse et une petite intervention pour retendre les bras. Elle a aussi eu "le" chirurgien du pays, celui que toutes les riches Tunisoises s'arrachent. "Regardez un peu le travail." De petits fils suturent ses paupières, les pommettes sont encore gonflées… "Bientôt, on va croire que c'est ma fille", soupire Roland. La pin-up remet ses lunettes fumées: "Faut pas croire, ce n'est pas une promenade de santé." C'est ce qu'elle a confié ce matin à la toute nouvelle, Patricia, la patronne du bar-tabac de Lyon. Les deux femmes se sont croisées à la clinique, elles se reverront sûrement au buffet ce soir…

Au Club Med de la chirurgie esthétique, il faut s'entraider, parce que ce n'est pas toujours facile. La plage et la piscine sont désertes. Les clientes mangent du bout des doigts, certaines marchent comme Robocop, d'autres paraissent échappées d'un match de boxe. Au début, on se regarde un peu de travers, puis on rigole. Ce soir, à l'hôtel Corinthia, on accueille Elie, un ouvrier de Calais inscrit au programme implants capillaires, et Micheline, de Liège, candidate à la liposuccion. On trinque au gin: "Adieu à jamais corps disgracieux." Angela, institutrice à Belfast, a déjà la sensation d'être une autre femme sans toute cette graisse. Et sa fille de 18 ans la vénère depuis qu'elle lui a offert une poitrine de star. Nathalie, une jolie brune d'Evry, va bientôt retrouver ses quatre enfants avec un ventre plat. "Tout va bien se passer, rassurent les anciennes. Dans quelques jours, à vous les souks!"

Mais soudain, Micheline doute. Elle s'effondre dans son couscous: "J'ai peur." La Belge rêve depuis longtemps de pouvoir s'habiller autrement qu'en 46. Elle a fait l'animation le dimanche à l'hyper du coin pour payer sa lipo. Mais elle ne sait rien de l'opération qui l'attend demain, ni de l'homme qui va la réaliser. Elle a simplement vu sur internet qu'il avait des diplômes "tout autour du monde". Comme les autres, elle fait confiance, "les docteurs ne racontent pas des salades". La plupart des chirurgiens qui collaborent avec les voyagistes ont été formés quelques années en France. Ils ont souvent fait les petites mains à l'hôpital ou dans les usines à silicone parisiennes. "Vous savez, la médecine tunisienne est fille de la médecine française, explique l'un d'entre eux. On est aussi bons. On n'a pas le droit à l'erreur, imaginez, au moindre incident, on nous attend au tournant…"

De l'autre côté de la Méditerranée, le monde de la chirurgie plastique commence effectivement à s'agiter. La présidente de l'Arches (Association des Réussites et des Ratages de la Chirurgie esthétique) a déjà fait le voyage jusqu'à Tunis. Pour l'instant, aucun accident grave n'a été rapporté, à part le cas d'une patiente revenue avec une infection. Le syndicat de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique aussi est en alerte: "Dans ce système, toutes les règles élémentaires d'éthique sont bafouées, prévient son président, Alain Fogli. Il n'y a pas de consultation préopératoire, pas de délai de réflexion et, plus grave encore, pas de suivi. Sans parler de l'absence totale de recours juridique en cas de problème. Est-ce qu'on a vocation à rattraper les erreurs de nos confrères tunisiens?" Les confrères, eux, sont sereins: "Notre meilleure pub, c'est le bouche-à-oreille."

Déjà, les premières opérées envoient leurs amies, leurs voisines, leurs collègues. Les copines de gym de Denyse sont prêtes à décommander leur lifting en France. Patricia a glissé dans sa valise les photos des fesses de sa sœur. Elie, le Calaisien, espère bien expédier à Tunis ses quatre frères, chauves comme lui depuis l'âge de 20 ans. "Quand on pense qu'en France un homme sur trois a des problèmes de calvitie…", se réjouit Houssem Ben Azouz, directeur de Cosmetica Tour, l'autre agence de voyage du marché. Lui qui vendait des randonnées va proposer aux touristes des opérations de la myopie et des soins dentaires… La Tunisie réalise que la santé est un bon business. Bientôt, peut-être, il n'y aura plus de chômage chez les médecins tunisiens. Bientôt, peut-être, les chirurgiens d'ici opèreront les artères des Anglais? Il paraîtrait que les assureurs britanniques sont intéressés.

Mais pour l'instant ce sont les cuisses et les seins des Occidentales qu'il faut remodeler. La clinique Alyssa, l'une des dizaines de cliniques du pays qui se sont lancées dans l'esthétique, a réservé une aile pour les patients étrangers. L'immeuble est moderne, les chambres propres et spacieuses. Comme tout le personnel, le docteur Djemal parle un français impeccable. Il est lessivé, mais vraiment heureux. "On démocratise la chirurgie. Rendez-vous compte, une dame m'a dit: "Tu m'as faite mieux que ma mère!"" Entre deux blocs, l'homme, frêle dans son pyjama bleu, rend visite à sa plus jeune patiente. Mathilde a débarqué de Paris la veille. Elle a 16 ans, ses rondeurs l'empêchent de vivre, elle ne veut même plus aller au lycée. C'est la mère qui parle. La petite n'a jamais voulu voir de psy. La seule solution, c'était la Tunisie. "Maintenant, Mathilde: régime!", rappelle le chirurgien. Il lui montre un bidon de purée orangée, les quatre litres de graisse qu'il a aspirés dans ses cuisses. L'adolescente baisse la tête, livide: "Merci. Ça va changer la vie."

Avant elle, d'autres l'ont cru. La famille s'était cotisée à Noël pour offrir à Sandrine la liposuccion de ses rêves. Gommer enfin ce ventre ravagé par trois grossesses. Aujourd'hui, elle n'ose plus se regarder dans un miroir: "On m'a aspirée seulement au-dessus du pubis, si bien que j'ai une bouée de grossesse, je suis abjecte." Certaines se plaignent de prothèses mammaires placées trop haut ou trop bas. Marie-Pierre, viticultrice à Avignon, s'est retrouvée avec un sein plus petit que l'autre. "Madame, j'ai respecté l'asymétrie naturelle de votre poitrine…", a osé le chirurgien avant d'admettre qu'il fallait refaire. Cette fois, Marie-Pierre a un peu hésité à reprendre l'avion: "J'avais peur, mais j'ai l'âme kamikaze. Finalement, là-bas, c'est comme ici. Au petit bonheur la chance…" Et puis, à ce prix-là, en Tunisie, on vous réopère aussi gratuitement: billets d'avion, hôtel et prothèses. All inclusive.

Sophie des Deserts

 

 


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